Note du Professeur Henri Vidal, Professeur émérite à la Faculté de droit de Montpellier Recueil Dalloz Sirey 1993, 21e cahier, pages 307-308
Le Professeur Vidal ne commente pas cet arrêt. Il en mesure les conséquences.
Il commence par le constater : « De proche en proche, l'onde de choc ébranle l'édifice juridique tout entier. » Si la loi du 11 juillet 1975 n'est pas applicable à Montpellier parce qu'on ne peut pas prouver qu'elle y est arrivée, alors la même question se pose pour chaque loi, chaque décret, chaque ordonnance publiée depuis que les préfectures ont cessé de tenir leurs registres correctement.
Il cite la Cour de cassation elle-même, dans un arrêt du 12 mai 1960 : « les lois et règlements ne peuvent tomber en désuétude par suite d'une tolérance plus ou moins prolongée et ne peuvent être abrogés que par des dispositions supprimant expressément celles en vigueur ou inconciliables avec elles. » La loi du 12 vendémiaire an IV est toujours là. Elle n'a pas été abrogée par une autorité légitime. Elle s'applique.
Il note ensuite que le Parlement, devant l'étendue des dégâts, serait tenté de valider rétroactivement toutes les lois dépourvues d'enregistrement. Mais il soulève lui-même l'objection : une telle validation serait rétroactive, contraire à l'article 2 du Code civil, et contraire à la Convention européenne des droits de l'homme.
Ce que ça signifie pour vous : même un professeur de droit reconnu, dans une revue juridique de référence, confirme que le problème est réel, structurel, et sans solution propre.